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C’est l’été mais on continue à jouer avec les mots grâce à Asphodèle qui nous propose les Plumes de l’été. Chaque semaine une récolte de mots commençant tous par la même lettre et à nous de jouer…

Les mots de cette semaine :

DALLE – DIVIN – DÉCLIN – DIAMANT – DÉSIR – DÉLIQUESCENCE – DANSE – DÉMON – DÉSAMOUR – DÉSESPOIR – DAUBE – DEVORER – DIPLOMATIQUE – DRUIDE et DIATRIBE

Chaque jour, je m’applique à t’oublier, mon bien-aimé. Et je suis au désespoir car rien ne peut faire disparaître cet amour, né comme un coquelicot au milieu d’un champs de blé. Je me sens comme ces personnages de Fitzgerald, tu sais, celui qui a écrit Un Diamant gros comme le Ritz, ces jeunes gens à qui tout réussit et pourtant, dans leur vie dorée, il y a toujours cette touche de désastre qui fait échouer leurs plus beaux rêves, comme si un démon s’acharnait contre eux. Crois-tu que le destin nous en veut?

Tous les couples connaissent cette lente déliquescence des sentiments, ce désamour qui s’installe quand vient le confort et les joies de la famille. Au commencement, l’amour a des ailes et c’est divin. Le désir gonfle et danse toutes les nuits. Puis l’habitude prend le dessus, et alors plus rien ne peut enrayer le long déclin. C’est inéluctable. Mais entre nous, mon bien-aimé, entre nous, puisqu’il ne s’est jamais rien passé, comment l’amour pourrait-il décroître et disparaître? Il est là, encore, à mes pieds, intact comme une valise diplomatique que je ne peux pas ouvrir. Une valise au contenu secret que je brûle de dévorer. Mais rien, rien ne pourra jamais arriver. Que dalle! Et j’enrage. J’ai envie de tout casser. Sur mon front appuyé au carreau, je sens la cicatrice froide de ton absence. Pourquoi es-tu sorti de ma vie?

Tu me laisses sans nouvelles. Avec juste le châle de mes émotions changeantes sur le dos. Et je ne sais plus quoi faire depuis que tu as quitté mon orbite. Tu me manques tellement. Le jour, j’arrive à me distraire. Je regarde gonfler un gâteau dans le four, je hume le parfum de la daube qui mijote tranquillement sur le fourneau. Je regarde un documentaire sur les celtes et leurs druides. J’écoute les diatribes des politiciens à la radio. Mais bientôt la nuit vient et avec elle, tant de souvenirs! Tous ces moments que nous avons partagés ici ou ailleurs, parce que telle était la partition du hasard… Instants volés au quotidien, à la course effrénée des jours, à nos conjoints, à nos enfants, aux trajectoires qui déroulent leurs parallèles sans jamais se frôler. Seul ton regard, parfois, par dessus la vapeur d’une tasse de thé, me laissait entendre à quel point cette retenue permanente te torturait.

Allons, il ne faut plus penser à tout cela. Après tout, nous avons été sages, n’est-ce pas? Il faut trancher, opérer une coupure nette, chirurgicale, laisser ces souvenirs dans leurs cahiers. L’encre finira bien un jour par se décolorer et disparaître. Et tant pis si tu as besoin de moi. Et tant pis si j’ai besoin de toi. Nous ferons comme les autres, nous apprendrons à nous passer de l’essentiel. Et le cœur faussement léger, nous irons faire les soldes, faire un tour, nous changer les idées… Jusqu’à ce qu’une musique ou une voix fasse remonter d’un coup tous les souvenirs…

Mais ce n’est pas grave puisque chaque jour qui passe, je m’applique à t’oublier mon bien-aimé. Et je suis au désespoir car rien ne peut faire disparaître cet amour, né comme un coquelicot au milieu d’un champ de blé. Je me sens comme ces personnages de Fitzgerald, tu sais, celui qui…

29 réflexions sur “Les plumes de l’été : avec des D…

  1. Pingback: LES PLUMES DE L’ÉTÉ 4 – Les textes en D ! |

  2. J’ai beaucoup aimé ce monologue intérieur qui montre bien toutes les interrogations qui peuvent nous passer par la tête,se télescoper….
    Très forte l’image de la cicatrice froide de l’absence

  3. Nos textes se rejoignent, puisque nous avons parlé d’amour toutes les deux, mais mon personnage ne souffre pas de cet amour perdu, puisque c’est elle qui part. 😉
    J’aime beaucoup ce qui s’échappe de ton texte.

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